Interview de Bénédicte Vidal

Interview de Bénédicte Vidal

Artiste – Comédienne – Auteure

Dans le justesse de ton, dans la justesse d’esprit, en tous points, Bénédicte Vidal est remarquable

Comédienne d’expressions, amoureuse des mots, jongleuse de lettres, artiste de verbes, de la plume à la scène, de l’écrit à l’oral, sa présence est un cadeau.

Respectueuse des êtres, du monde et du vivant elle le restitue au quotidien à travers des projets qui portent et qui apportent.

De ses jeux de scène à ses postures, des décors à sa droiture, Bénédicte Vidal nous convie à la suivre parfois avec sérieux, souvent avec humour, à découvrir toutes ses facettes, et ses talents nombreux et grands !

Véritable pépite incisive, drôle, vraie, pétillante, entière, artiste passionnée et passionnante, professionnelle structurée aux fondamentaux construits et constructifs, cette femme dont l’énergie bluffante tend vers la synergie, étonne et détonne avec élégance et panache.

Bénédicte Vidal est artistiquement dynamique et dynamiquement artiste, et ses propos sont beaux, sa perspicacité, son acuité et sa sagacité mêlent profondeur, finesse et subtilité : un être authentique…

Bénédicte Vidal c’est sauter dans les vagues, les feuilles, les flaques, c’est un savant mélange de graines anciennes afin de confectionner un pain au goût incomparable, c’est un ruban de soie de perles de nacre, d’or et de bois : joli bracelet unique trésor de cœur, c’est une grande table de ferme en bois entourée de bancs sur laquelle sont posées de nombreuses victuailles dans l’attente d’un repas de partage où l’amitié est la reine de la fête, c’est un bouquet de fleurs de coton de gypsophile de dahlias blancs et de chatons des sables, c’est un transistor Reela à l’allure incroyable, chic et intemporel, c’est le tableau « Le jardin » de Claude Monnet (1876)…

Bénédicte Vidal

Pas évident de se décrire sans avoir l’impression de remplir le profil d’un site de rencontre…

Je dirais que je suis une âme d’artiste, comédienne, auteur(e) je sais qu’il faut rajouter un « e » depuis peu mais j’ai toujours du mal à m’y faire. J’ai débuté à la radio à la fin des années 90, j’ai survécu au bug de l’an 2000, puis j’ai travaillé comme auteur(e) pour la télé, j’ai notamment écrit pour l’animateur Arthur pendant 10 ans (oui je suis endurante et pas très exigeante en terme de variété de vocabulaire). J’ai co-crée la série « Nos Chers Voisins » diffusée sur TF1, j’ai joué un one woman show pendant 4 ans, et interprété des petits rôles dans des séries comme « Scènes de Ménages », « Plus belle la vie » ou plus récemment « Les copains d’abord ».

Bénédicte Vidal et Valérie Karsenti dans scènes de ménages

Qui quoi comment t’a donné envie de devenir comédienne ?

A la maternelle, je disais que quand je serais grande, je serais clown ; puis, au collège je voulais devenir designer de baskets.

Finalement, je n’ai fait ni l’un ni l’autre. J’ai cependant claqué des fortunes en baskets, et j’ai toujours fait rire mon entourage amical, familial et professionnel sans pour autant envisager sérieusement de devenir comédienne.

J’étais clairement sur un refus d’obstacle, je me disais que je m’ennuierais dans la redite d’un spectacle et puis fin 2013 j’ai fini par craquer. J’incarnais un personnage sur la radio « Le Mouv » avec lequel je faisais quotidiennement le portrait des invités que nous recevions dans l’émission. Les retours positifs m’ont décidée à sauter le pas et à écrire un one woman show.

Le 30 avril 2014 je me suis donc lancée sur scène. Ça a été long, mais ça y est, j’arrive enfin à dire : je suis comédienne, sans avoir l’impression d’usurper l’identité professionnelle d’une autre.

Quelle est ta définition du mot comédie ?

Comme ça de but en blanc, je dirais que la comédie a pour vocation de souligner le caractère comique ou tout du moins cocasse d’une situation, d’un personnage.

Après, il y a plusieurs types de comédies. A titre personnel, j’ai toujours était plus sensible au rire qui découle d’un personnage pathétique que d’un personnage qui va glisser sur une peau de banane. Quand on pratique le one woman show, on comprend assez vite (parfois à ses dépends), que le rire n’est pas une science exacte et que clairement on ne rit pas tous des mêmes choses, ce qui est heureux du reste.

Bénédicte Vidal

Le fait de jouer la comédie te construit-il, et que t’apporte l’humour ?

Heureusement, je n’ai pas attendu de jouer la comédie pour entamer ma construction. Mais il est vrai que lorsque je joue un personnage sur scène ou devant une caméra, il s’opère une forme d’évidence, je me sens à ma place et c’est un sentiment qui participe à un état de bien être et d’accomplissement personnel.

Concernant l’humour, il fait partie intégrante de mon tempérament. Quand on prend la vie avec humour et que l’on choisit la team du « verre à moitié plein », cela permet de désamorcer les situations parfois graves, anxiogènes ou à l’issue incertaine que la vie nous impose à tous et toutes à certains moments. L’humour a été un allié précieux l’an dernier, lorsque j’ai été opérée d’une tumeur au cerveau. Tant que la capacité de rire est intacte, rien n’est insurmontable.

Cinéma, télé, scène : as tu une préférence et/ou au contraire, trouves tu que ces univers se complètent ?

Alors pour le cinéma, je ne peux qu’imaginer car pour l’instant, comme on dit dans le jargon des jeux vidéos, c’est une zone du jeu que je n’ai pas encore « débloquée ». En revanche, pour ce qui est de la télé ou de la scène, les sensations sont différentes.

La finalité dans les deux cas c’est évidemment de jouer, mais je crois que ma nature un peu misanthrope me pousse d’avantage à préférer les tournages à la scène.

Sur un tournage, on se met en marche à « action » et à « coupez » le job de représentation est terminé. Hormis le réalisateur, il n’y a pas de public à convaincre ou à tenir en haleine. Pour avoir eu l’expérience du seul en scène où toute l’attention est centrée sur toi pendant 1h15, je trouve que les journées de tournages bien que plus longues sont paradoxalement plus reposantes aussi bien physiquement qu’égotiquement ! (ce mot n’existe pas mais vous avez l’image)

Je n’ai pour l’instant jamais encore partagé une scène de théâtre, j’espère qu’à l’avenir l’occasion se présentera car je pense que j’aimerais ça. A condition bien sûr, que cela ne dure pas trop longtemps, car même si les comédiens disent toujours qu’au théâtre chaque soir est différent, je trouve que chaque soir ressemble quand même pas mal au précédent.

Bénédicte Vidal

Quelle place a l’écriture dans ton existence ?

L’écriture a toujours été présente dans ma vie, enfant je ne tenais pas de journal mais comme je dessinais beaucoup je faisais des petites bd bourrées de fautes d’orthographe. J’ai continué à en faire jusqu’au début de la vingtaine en parallèle de mes études d’arts plastiques. Et puis après avoir obtenu ma licence j’ai quitté Aix en Provence pour Paris et l’écriture a continué à faire partie de ma vie puisque je suis devenue l’auteur(e) de Marc Olivier Fogiel avant de rejoindre l’équipe d’Arthur.

Ces dernières temps, l’écriture est un peu en jachère, j’ai une idée de roman mais comme j’ai appris que pendant le confinement 1 français sur 3 s’était mis à l’écriture d’un bouquin, j’ai décidé de remettre le projet au prochain confinement !

Où et comment puises-tu ton équilibre ?

J’aime le calme et la tranquillité ce qui peut paraître ambitieux quand on vit à Paris mais c’est pourtant possible.

Je n’ai pas besoin d’aller au bout du monde sur une ile déserte pour me ressourcer, mon monde intérieur est suffisamment vaste.

Je suis très indépendante voir solitaire et j’ai besoin de me retrouver régulièrement seule au calme chez moi pour me ressourcer, laisser aller mon esprit, certains diront méditer, je préfère dire m’évader. J’adore dormir (généralement 9 à 10h) au réveil je me souviens très souvent de mes rêves, j’y repense dans la journée, j’en note certains.

J’ai une petite chatte adorable dont la présence est une source de joie immense. Certains jours, si je n’avais pas d’interaction sociale avec elle, je pourrais sans problème passer la journée sans prononcer le moindre mot, c’est assez agréable de se taire parfois.

Quelles sont tes autres passions ?

Je suis très manuelle, j’adore bricoler, fabriquer des trucs. Je me suis découvert une passion pour la couture il y a deux ans de ça. J’ai appris en regardant des tutos sur Youtube, j’ai commencé par des t-shirt et maintenant je fais tout, manteau, chemise, vestes, pantalon, salopettes, sac, mon rêve arriver un jour à faire mes propres Nike !

Sinon j’aime la musique, je joue un peu de guitare et j’aime en écouter mais surtout des trucs calmes du genre Sigur Ros, Emiliana Torrini, Calexico, Albin de la Simone, Bertand Belin… Bref, rien qui comporte du voice coder (remarque de vieille peau)

Peux tu te décrire en 3 adjectifs ? Quelle est ta couleur préférée et pourquoi ?

Sensible
Bienveillante (en tout cas le plus possible)
Indépendante

J’aime beaucoup le jaune pour son côté lumineux et solaire. J’aime aussi le rouge et ses dérivés, le rose, le violet, parce qu’ils m’évoquent le cœur et me vont bien au teint. J’avoue que j’aime aussi beaucoup le bleu clair tirant sur le turquoise, car il est apaisant, en fait j’adore les couleurs, je suis rarement habillée en noir ou en gris.

Bénédicte Vidal

Quelles valeurs et quels principes te tiennent à cœur ?

J’aime l’idée d’avoir le souci de l’autre, le côté chacun pour sa gueule ou après moi le déluge me chagrine. Je trouve qu’il est important de se sourire les uns les autres. Parfois un simple regard ou un sourire peuvent embellir la journée de la personne à qui il sont adressés et font du bien aussi à celui qui l’adresse, les élans spontanés ont cette vertu magique de relier les cœurs.

Quel est ton coup de cœur du moment ?

Pendant le confinement j’ai découvert sur instagram le comédien et auteur Thomas Poitevin qui a crée les perruques de Thomas.

Ce sont des petites vidéos dans lesquelles il incarne des personnages flanqués de perruques. Cela va de la bourgeoise réfugiée à la campagne pendant le confinement à la chargée de programmation d’un théâtre subventionné en passant par Rico le prof de fitness qui découvre les bienfaits de la campagne. Son sens de l’observation, son interprétation et son choix du mot juste parfaitement adapté à chaque psychologie de personnage sont délicieux et jubilatoires.

Si tu étais et pourquoi ?

Une saison ?

Sans hésiter le printemps, c’est le retour de la vie, les jours rallongent de plus en plus, les arbres retrouvent leurs feuilles, les oiseaux recommencent à chanter, même en période de confinement c’est une saison euphorisante !

Un objet ?

Un stylo plume, j’adore les stylo plume et ce depuis toujours ! Je me souviens précisément du jour où en CP j’ai eu le droit de passer du crayon papier au stylo plume. J’ai d’ailleurs toujours mon stylo plume du CP, c’est un stylo japonais dont la plume et les cartouches sont minuscules, comme on ne trouve plus de recharge j’ai pris l’habitude de remplir la cartouche avec une seringue et naturellement à chaque fois je me mets plein les doigts…

Un bijou ?

La bague de fiançailles de ma grand-mère adorée, elle me l’a transmise il y a quelques années car en vieillissant elle lui était devenue trop grande. C’est la bague que mon grand-père de cœur lui a offerte peut avant leur mariage en seconde noce. Aujourd’hui à 85 ans passés, ils sont encore les amoureux les plus mignons que je connaisse. Lorsqu’ils lisent un livre, mon grandpère le leur lit à voix haute de manière à ce qu’ils puissent le lire ensemble et en parler par la suite.

Un super pouvoir ?

Sans hésiter la téléportation, j’y pense régulièrement et ce depuis toujours. Même si je doute de plus en plus de voir ça de mon vivant, je suis certaine qu’un jour on y arrivera, on peut déjà le faire en esprit, reste plus qu’à résoudre le souci de la matière et à nous les bilans carbones irréprochables !

Un souhait ?

Qu’il se réalise… (mais faut pas le dire sinon ça marche pas)

Tu organises un diner avec 6 personnalités qui est autour de la table, dans quel lieu et quel est le menu ?

Alors j’invite Louis de Funès, Salvadore Dali, Catherine Ringer, Benoit Poolvoerde, Leonard De Vinci et Isabelle Nanty.

On fait ça l’été sous une tonnelle en provence avec vue sur la mer, il fait beau mais on ne meurt pas de chaud et comme le soleil s’est couché les cigales se taisent enfin.

Au menu pour Poolvoerde beaucoup d’alcool mais comme il le tient bien le diner ne dégénère pas. Un plateau de fruit de mer géant, du beurre demi sel et du pain délicieux. Pour ceux qui ont encore faim de la dorade, des poulpes et des poivrons grillés à l’ail et à l’huile d’olive. Pour le dessert une tropézienne ou des trucs à base de chocolat. Bref on est sur un repas quasiment healthy !

Quelle question as- tu envie de poser et à qui ?

Alors c’est quoi la suite ? A l’univers sur mon lit de mort.


Maud Ménès

Interview réalisée par Maud Ménès

Co-Fondatrice – Présidente de Aquimieuxmieux.com

Directrice de la publication – Rédactrice Web – Communication – Consulting – Coaching – Révélatrice de vos talents



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