Interview de Enzo Enzo


Interview de Enzo Enzo

Auteure – Compositrice – Interprète


Marcher sur l’eau calme de nos espoirs et rejoindre la délicatesse mélodieuse d’une artiste aux paroles pétales de fleurs, plumes du cœur : Enzo Enzo prend nos mains pour nous convier sur des chemins où l’amour fait vibrer la vie, alchimie d’une osmose où l’eau claire d’une limpidité sans pareil fait jaillir la beauté des mots.

Eau forte d’une écriture de textes permettant à toute la plénitude du bonheur de s’exprimer librement

Enzo Enzo souligne nos rêves de vie, nos attraits d’envie de suivre le temps, poursuivre le moment et aimer chaque instant.

Femme d’opale à la voix tendre et douce au creux de cet album où la guitare se fait liane, il faut tout écouter et entendre, et se laisser surprendre : la subtilité se fait caresse, et révèle les territoires et les paysages de cette artiste touchante, attachante et dont l’extrême intelligence fait écho à une simplicité emplie de lumière.

« Eau calme » album aux 14 titres poétiques car Enzo Enzo a cette beauté d’âme et beauté dame qui nous murmure dans un chant de cœur à cœur : gardons à l’esprit d’avoir toujours les yeux ouverts afin de devenir juste quelqu’un de bien

Enzo Enzo c’est une rose trémière fleurs plusieurs dont le port de tète altier valse de manière gracieuse en accord avec les éléments, c’est un manège où les chevaux de bois courent après les carrosses, c’est la distance entre la mélancolie et la joie fil ténu et indicible qui mène à la paix intérieure, c’est étendre du linge fraîchement lavé à sécher au soleil parfums mêlés de lavande et thym citron, c’est décorer les arbres avec des bouts de laine de toutes les couleurs pour les parer de bijoux éphémères, c’est un plaid à fleurs de sol sur lequel des victuailles et autres délices multitude culinaire invite à un pique-nique surprise au milieu d’une belle clairière, c’est le tableau du peintre John William Watherhouse « The soul of the roses »…


photo de Enzo Enzo
© Sophie Boulet

J’aime marcher sous les bois quand la lumière filtre plutôt les jours où il y a du soleil, J’aime le poil des animaux et j’aime quand les humains ont un regard franc.

Qui, quoi, comment vous a donné envie de devenir chanteuse ?

J’ai eu envie de devenir chanteuse parce que la chanson était quelque chose que je fréquentais à la maison par le biais de mes parents qui chantaient au quotidien, mais ce n’est pas ça qui m’a fait me projeter comme professionnelle.

Je suis devenue chanteuse parce que les opportunités de la vie et des rencontres m’ont conduite sur cette route, il se trouve que j’aime bien l’univers du spectacle, surtout des théâtres. J’ai commencé à connaitre le théâtre vide parce que je faisais partie du petit personnel qui arrivait au moment où il fallait apporter les baffles, tous les éléments qui allaient être propice à ce que le spectacle se fasse pour d’autres artistes. J’ai aimé cette vie, la route, la préparation de la scène et puis au fil de mes rencontres et de la vie, je suis devenue la personne qui entrait sur scène.

Et comment : par le fruit de hasards extrêmement bien organisés je dirais.

Pour votre nouvel album « Eau calme » vous collaborez entre autre avec Art Mengo avec qui vous aimez travailler, diriez-vous que vous parlez le même langage, vos albums sont-ils aussi des histoires d’amitié à travers des collaborations et inversement ?

Effectivement, il y a des compositeurs et des auteurs avec lesquels je suis devenue amie, c’est évident parce qu’en fait on travaille sur les mêmes chansons.

Soit, je les adopte parce qu’elles m’arrivent toutes faites, toutes rôties et qu’elles me plaisent directement, soit parce que je fais ma demande en chanson et qu’après plusieurs essais on finit par trouver une forme qui peut devenir une chanson qui s’inscrit dans mon répertoire.

Soit parce que je choisis quelque chose qui existe dans le répertoire de ces personnes-là parce qu’elles m’attirent, elles me convainquent, elles me donnent envie de les porter ces chansons, et en tout cas c’est assez rare et formidable de rencontrer quelqu’un avec qui ça matche, c’est rare et formidable aussi l’idée de reproduire l’expérience une nouvelle fois.

C’est pourquoi par exemple dans le dernier album, il y a des auteurs avec lesquels j’ai déjà travaillé et une fois que je les rencontre et que ça matche, j’ai envie de retenter notre chance et il se trouve que ça arrive, que ça nous arrive plus souvent, par exemple Art Mengo il y a plusieurs chansons entre nous, François Bréant il y a eu plusieurs chansons entre nous, Romain Didier, Allain Leprest il y a eu plusieurs chansons, Pascal Mathieu etc…

Effectivement, ce sont des gens qui deviennent des amis, qui font vraiment partie du nom que je porte, à savoir un nom qui englobe des collaborations, je n’ai pas voulu un nom qui me désigne seule parce que je sais à quel point j’ai besoin de ces compléments, besoin de cette fabrication, de ces signatures, de ces inspirations. Je ne peux pas porter toute seule mon projet, ce n’est pas possible, c’est pour ça que je l’ai nommé avec un nom qui fait dire pour moi, qui englobe un tout, un collectif. Enzo Enzo c’est plusieurs personnes qui accompagnent ma recherche artistique.

album eau calme de Enzo Enzo

Diriez-vous que les 14 chansons de votre nouvel album « Eau calme » sont une communion d’âmes entre vous et vous, entre vous et nous, une communion d’amour ?

Je pense que oui, il y a une communion, il y a un désir de communion un peu en ce sens.

Forcément, il y a une quête d’amour et une recherche de don d’amour dans toute expression, l’expression artistique nous dévoile beaucoup et nous demande beaucoup d’humilité et de sincérité, d’attente, de recherche pour réussir jusqu’au moment où l’on arrive à réaliser, à fabriquer un disque, à le publier et à l’amener sur scène.

Il y a beaucoup d’étapes, il y a beaucoup d’épreuves, il y a beaucoup de plaisir mais autant que d’épreuves, et sur ce chemin qui est très sinueux, et très long oui, il y a des fulgurances. Il y a quelque chose qui est de l’ordre de l’amour, de l’amour des choses belles, de l’amour des lettres, de l’amour des musiciens, de l’amour de la musique, de l’amour du propos, de l’envie d’être entendue, du besoin d’amour et de la reconnaissance de ce besoin, de cette espèce de lucidité, et de cette vibration extraordinaire qui fait qu’un artiste se reconnait dans l’attention que le public lui porte et que le public se reconnait dans l’expression que l’artiste lui propose.

C’est une espèce d’aller-retour tout-à-fait addictif et merveilleux, et dont on peut devenir aussi addictif et quand je dis addictif c’est vrai je connais des artistes qui sont extrêmement malheureux quand ils ne connaissent plus cette opportunité d’aller sur scène, qui n’ont plus de succès, ils se sentent délaissés, abandonnés et désaimés.

Oui, il y a quelque chose comme vous le nommez de l’ordre de l’amour mais il y a des choses qui ne le sont pas : je veux dire ce ne sont pas des métiers où froidement on exécute une tâche pour laquelle on s’est formé, il y a quelque chose de plus exacerbé d’ultra sensible je pense quelque soit l’artiste, même l’artiste le plus abrupt dans son expression, je pense qu’il y a vraiment quelque chose qui correspond à ce même besoin, il est commun à tout le monde sauf que chez les artistes, c’est visible et puis c’est assumé en fait.

Quelle est votre définition du mot artiste ?

C’est quelqu’un qui cherche sa singularité et qui emprunte une route qui peut être pénible pour soi-même, et pour l’entourage.

Un artiste c’est quelqu’un qui écoute en priorité son instinct et qui a besoin que les choses soient dites et faites avec… je ne sais pas vous dire, parce qu’un artisan on peut le dire aussi qu’un artisan a besoin de dire et faire les choses avec beaucoup d’implication, un artisan c’est un artiste aussi, il y a des artistes du bois, il y a des artistes du goût… je pense que c’est l’artiste, pas celui qui a la manière la plus jolie de voir les choses, mais l’artiste qui donne de l’importance à des choses impalpables et qui est en quête de communion et de singularité.

Comment le fait de chanter vous construit-il et que pensez-vous apporter au monde musical ?

Le fait de chanter me structure, c’est une technique aussi, une technique vocale c’est quelque chose qui s’entretient, qui se bonifie.

J’ai en plus des attirances pour des mélodies qui sont un peu tarabiscotées donc oui, ça me demande des efforts de compréhension, d’adaptation, de maturation de mon instrument qu’est la voix, de mon oreille qu’elle évolue, qu’elle se renouvelle avec des écoutes de musiques différentes, la rencontre avec des timbres différents d’instruments, de styles : ça me fait m’ouvrir, ça éveille ma curiosité. Physiquement c’est quelque chose qui est exigeant puisqu’on travaille sur les souffles.

Après dans le fait de chanter, il y a aussi le fait de partager, donc ça c’est très joyeux parce qu’on partage avec des musiciens qui eux ne sont pas forcément au premier plan mais qui sont extrêmement expressifs et généreux dans leur manière d’interpréter ce qu’ils entendent et de vous accompagner. Il y a un accompagnement comme ça qui fait qu’il y a ce jeu qui est joyeux, ça donne des occasions d’échanges, de partages extrêmement fins et pointus, la proximité, l’intimité, le jeu tout cela est mélangé et c’est une vie ; chanter dans ces conditions, c’est une vie extrêmement attirante et agréable.

Et puis ça m’apporte que j’en fais mon métier et que je peux matériellement gagner ma vie depuis énormément d’années grâce à ça. Ca me structure, ça me donne aussi une identité par rapport à la société dans laquelle je suis, là je fais partie des gens qui racontent des histoires, je suis passeuse d’histoires.

photo de Enzo Enzo
© Sophie Boulet

En quoi je peux être utile : divertir, permettre aux gens d’exprimer, de reconnaitre leurs sentiments à travers moi donc être compris et accompagnés, simplement divertis.

Ce que je possède moi simplement, je n’ai pas de mérite à l’avoir sauf le travail que j’ai fait produire sur mon instrument ; mais, ce qui m’appartient c’est un timbre de voix et c’est une sensibilité qui me demande de réunir un répertoire que je trouve digne. Et dès que je le trouve digne et beau je n’ai qu’une envie, c’est d’aller le faire partager.

Je dirais que j’ai une vie pas facile, mais d’une certaine façon si on la regarde d’un certain côté c’est très facile, si on la regarde d’une autre façon, il y a beaucoup de solitude, il y a beaucoup de vanité, il y a beaucoup de sentiments qui ne servent à rien et se contenter de faire des choses « bellement » sans que ça porte forcément des fruits qui s’appellent le succès. Il faut savoir le faire.

Ca impose aussi autour de soi un rythme de vie pour les proches, pour les enfants, pour le compagnon… un rythme qui est exigeant, comme un boulanger qui doit se lever à 5 heures, comme on dit des brigadiers dans le théâtre, les techniciens qui n’ont pas de soirée, qui n’ont pas de week-end pour leurs enfants, la vie d’artiste c’est une vie où quand on rentre à la maison, on a beaucoup ri, on a beaucoup partagé, on a été fêté, on a été applaudi… quand on rentre chez soi parfois on a envie de poser son sac et les gens attendent de nous que l’on soit une bonne mère, une bonne compagne, une bonne cuisinière donc voilà… je trouve que c’est une vie merveilleuse mais ça n’a rien à voir avec le succès.

Pour vous l’hypersensibilité est-elle une force ou une faiblesse ?

Je pense que c’est les deux évidemment, vous vous doutez de la réponse, tout ce qui est hyper et tout ce qui excessif est lourd pour soi-même, et pour les autres ; donc c’est une faiblesse si on arrive pas à la transformer, à s’en servir.

Une force je ne le dirais pas : c’est comme une espèce de particularité sans aller jusqu’au don.

Où et comment puisez-vous votre équilibre ?

Mes enfants, un compagnon, ma famille, des amis, une vie normale et je pense que la maternité a été quelque chose de fondamentale chez moi.

Pouvez-vous vous décrire en 3 adjectifs, quelles est votre couleur préférée et pourquoi ?

Enfantine, lucide, courageuse

photo de Enzo Enzo
© Sophie Boulet

J’aime le vert, c’est la couleur de l’herbe, la couleur parfois des lacs, de l’eau, de la mer : ça m’apaise de voir cette couleur, c’est la couleur des fanes de radis, c’est la couleur du végétal, le végétal me plait.

Quelles autres passions animent votre existence ?

Je ne suis pas habitée par la passion. J’aime les choses bien faîtes, je m’applique à essayer d’être la plus droite possible, droite pas en ce sens de rigide, mais droite dans le sens honnête et suffisamment bonne.

Mais, je n’ai pas de passion j’aime le quotidien, j’aime cuisiner, j’aime voir sourire les gens, j’aime élever mes enfants, enfin j’ai aimé les élever je dirais.

Je ne suis pas quelqu’un de très intéressant, je n’ai pas de passion pour la politique, je n’ai pas de passion, je ne suis pas incollable sur tel ou tel sujet : je suis quelqu’un de très banal et particulièrement sensible.

Quelles valeurs et quels principes vous tiennent à cœur ?

La sincérité me tient à cœur mais l’honnêteté également, c’est la même chose je dirais…

Le respect.

Quel est votre coup de cœur du moment et pourquoi ?

J’ai découvert un auteur qui s’appel Patrick Chamoiseau et je me suis régalée, et j’ai eu un autre coup de cœur qui s’appelle Erri De Luca.

Ce sont des gens qui, quand je les ai lu m’ont transportée, m’ont élevée, m’ont apaisée vraiment sincèrement intérieurement. Ils m’ont fait sourire, ils m’ont donné…

Je trouve ça toujours revigorant quand on tombe sur un moment de la vie où parfois ça passe par une personne qui écrit un livre, qui fait une photo ou un paysage, ces moments qui donnent une espèce de petit peps, de petite confiance, de petit soleil qui éclairent l’homme. C’est quelque chose de génial, de gai… c’est superbe et c’est partout.

Donc voila, je peux vous citer Chamoiseau, je peux vous citer Erri De Luca mais je peux vous citer aussi le chauffeur de taxi de ce matin, la jeune fille qui est venue me chercher hier soir à la gare et comme je ne suis pas de sa génération, elle avait envie de me rendre service… voilà, je trouve que ce sont des moments chouettes.

Qu’est-ce-qui me plait en ce moment ? rire avec ma mère qui a 91 ans, et qui chante quand elle est joyeuse, qui vit avec appétit le temps qui lui reste à vivre et avec un accueil que je trouve absolument extraordinaire. Oui je crois qu’en ce moment ma plus grande joie c’est de la voir vieillir, enfin c’est de la voir en vie surtout ! C’est la voir exister, sa manière d’exister je trouve que c’est admirable et effectivement il y a des belles natures qui font du très beau boulot, des directeurs de vie.

Si vous étiez…

Un évènement ?

L’abolition de l’esclavage qui montre qu’il suffit que quelques humains soient tout-à-fait révoltés pour ramener tous les autres à la raison

Un personnage de conte ?

Le chat botté : il est malin, il s’en tire bien, il rend service, il est rusé… il n’est pas méchant !

Un objet ?

Un tasse avec une anse : c’est quelque chose du quotidien, que l’on trouve le matin. Parfois on a sa tasse préférée, parfois elle a une fonction et elle apporte quelque chose de familier, d’utile

Un lieu ?

Les bois

Une citation ?

Personne n’est parfait même le soleil a ses tâches

Pour vous le plus important c’est réussir sa vie ou réussir dans la vie ?

C’est réussir sa vie bien sûr, réussir dans sa vie c’est une manière de réussir sa vie mais, est-ce qu’on peut réussir sa vie et pas réussir dans sa vie ? Qu’est-ce que c’est surtout réussir ?

Vous organisez un dîner avec 6 personnalités : dans quel lieu, qui est autour de la table et quel serait le menu ?

J’inviterais Charlie Chaplin, Caetano Veloso, Stacey Kent, un bon cuisinier comme ça il ferait la cuisine, ce pourrait être Régis Marcon, et mes 2 enfants

Ce sera à la maison, chez moi dans le salon et on boira du champagne et on mangera ce que le cuisto a fait

Quelle question avez-vous envie de poser, et à qui ?

Peut-on donner de l’argent et des moyens en ce moment au milieu médical, pourquoi n’est-ce pas une urgence absolue ?

Par exemple, plutôt que de reconstruire Le Grand Palais… et je la poserais à tout le corps dirigeant, et puisqu’ on est dans l’abstrait et l’absurde, ce ne serait pas une question, ce serait un ordre.


Enzo Enzo

Körin Ternovtzeff, dite Enzo Enzo, née le 29 août 1959 à Paris, est une auteure-compositrice-interprète française


Maud Ménès

Interview réalisée par Maud Ménès

Co-Fondatrice – Présidente de Aquimieuxmieux.com

Directrice de la publication – Rédactrice Web – Communication – Consulting – Coaching – Révélatrice de vos talents



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