Interview de Frédéric Kneip


Interview de Frédéric Kneip

Comédien – Artiste interprète


Présence et prestance, et le grain d’une voix, acteur de talent comme une providence : Frédéric Kneip nous offre un panel de dons et une beauté de cœur qui ne tergiverse pas.

Il y a de l’exigence derrière cette aisance : entre rôles et planches, tessiture et lectures, théâtres, films, séries, voix off Frédéric Kneip possède une floppée déroutante, saisissante de savoirs qui se juxtaposent en bonheur d’être.

Il émane de cet homme une incroyable liberté, une finesse d’esprit, une élégance de ton qui se retrouvent dans un professionnalisme impliqué, mêlé à une impulsivité de traits d’humour, et d’un rire en cascade qui réchauffe l’âme.

Incontestablement il se réalise à travers cette voie, car Frédéric Kneip est de manière surprenante, un véritable prolongement de l’humanité.

Et quoi de mieux pour l’exprimer que l’intuition des émotions, et l’émotion des intuitions : avoir cette capacité d’endosser des rôles corrosifs, incisifs ou au contraire légers et drôles.

Frédéric Kneip est à voir, à croire, à écouter et à entendre : un véritable voyage

Frédéric Kneip c’est un tableau immense de photos méli-mélo en noir et blanc, c’est l’avion de Antoine de Saint-Exupéry, c’est une pendule astronomique créée en 1838 par l’horloger Potu, c’est le ruban de lumière entre le ciel et la terre par une belle journée d’hiver, c’est une œuvre sculpturale faite d’acier, de bois et de granit : rencontre fusionnelle ayant de la force et du caractère, c’est une tasse de café fumant aux notes aromatiques épicées, solaires avec un soupçon de cannelle, c’est un jasmin étoilé qui court sur les murs d’une maison toscane entourée d’arbres et de silence, c’est savoir que la gentillesse et la bienveillance sont des pierres précieuses…


photo de Frédéric Kneip
© Fred Encuentra

Réponses enregistrées à haute voix*, samedi 19 décembre 2020 en soirée, tout en écoutant cette version de ce concerto pour violon de Bach

*Les conditions sanitaires obligent l’équipe de Aquimieuxmieux.com à prendre des dispositions, et donc à gérer les interviews d’une manière différente afin d’assurer la sécurité de tous

Je suis plus habitué à parler de ce que je fais dans mon métier, que de parler de moi ou de ma vie privée, de l’homme que je suis. Mes réponses seront surtout imprégnées de mon métier je pense, mais qui sait lire entre les lignes… (sourire)

Je suis un homme de 50 ans, parfois, je dis un grand ado de 50 ans. (sourire) Je suis comédien, «artiste interprète». En ce sens que je fais surtout vivre les mots des autres plutôt que les miens et à haute voix. Ce qui explique d’ailleurs que, pour répondre aux questions, j’ai fait ce choix de m’enregistrer, comme si je répondais de vive voix, ou que je me parlais à moi-même et de retranscrire ensuite par écrit. L’oralité m’est plus familière que l’écrit. Par moments, j’indiquerai donc les silences (…) ou les émotions pour donner plus de matière à l’oralité de mes réponses, un peu comme des didascalies au théâtre.

Comédien donc (…) C’est mon métier depuis bientôt 21 ans. Théâtre, surtout pendant 18 ans et depuis deux ans, j’ai choisi de me consacrer exclusivement aux deux autres facettes de mes activités professionnelles, à savoir les tournages, pour la télévision et le cinéma, et le travail voix, documentaires, livres audio… Je suis même un jeune apprenti dans l’art du doublage. J’ai découvert cette nouvelle facette de mon métier il y a un an et demi à peu près et j’adore ça. (…) Ce choix de me mettre en pause de théâtre est, d’une manière ou d’une autre, lié aux décès de mes parents, il y a 4 ans pour mon père, 3 ans pour ma mère. (…)

Je suis quelqu’un de sensible, voire, peut-être, d’hypersensible, avec tout ce que cela peut induire.(sourire)

J’essaye d’être un humaniste, avec une vision du monde plutôt globale et holistique, comme on dit en médecine, de cultiver une conscience du lien qui peut exister entre tous les êtres vivants de la planète et je serais tenter de dire, de l’univers tout entier. (…)

Mon travail de comédien prend donc une place prépondérante, ou plus exactement, pour formuler les choses dans le bon sens, je décide d’accorder à mon métier cette part très très importante dans ma vie. La place qui reste, je la consacre essentiellement aux amis. Et voilà, je crois. (…)

Mon métier et l’amitié. Oui, c’est ça : Mon métier et l’amitié.

Qui, quoi, comment t’a donné envie de devenir comédien, acteur, voix off ?

La réponse ne va pas être très originale et va surtout concerner le théâtre.

Mon premier souvenir date de l’école primaire, en CM1 ou CM2, en pleine campagne beauceronne. (silence, sourire attendri, presque nostalgique) On devait jouer un extrait du bourgeois gentilhomme de Molière devant la classe. Je faisais le Bourgeois et je me rappelle m’être «déguisé», avec robe de chambre de mon père, gros coussin pour faire un ventre, etc…

Et, j’ai ce souvenir, flou maintenant dans les détails mais très prégnant émotionnellement, de FAIRE RIRE TOUTE LA CLASSE et du plaisir que ça m’a procuré d’être, et d’une, le centre d’intérêt, des autres qui me regardent, et de deux, je fais quelque chose, je dépasse ma peur, je joue un personnage et je les faire rire. Plus tard, en seconde, au lycée, à Rennes, j’ai retrouvé cette sensation. Sous la houlette d’un prof de français je crois, on avait joué «Un geste pour un autre» de Jean Tardieu et même chose. Plaisir intense de faire rire le public et dans une vraie salle de spectacle pour le coup.

Et je me rends compte, je prends conscience, là en même temps que je réponds, (…) que le déclencheur, mon premier rapport au jeu et «je» de comédien, ça a vraiment été le plaisir de faire rire. Cette «puissance», ce «pouvoir», de faire rire le public. Ce qui demande beaucoup de travail d’ailleurs, mais ça, je ne m’en suis vraiment rendu compte que plus tard.

Enfin, à l’âge de 16 ans, j’ai exprimé l’envie de m’inscrire à un atelier théâtre, proposé par Louis Boullé et «le Livre Vivant de Liffré». Et là, pour réussir à pousser la porte, comme j’étais assez timide, l’inconnu me faisait, et me fait encore un peu peur d’ailleurs (sourire), c’est ma mère (silence, sourire & larmes aux yeux, silence) oui, c’est ma mère (…) qui m’a obligé, qui, un vendredi soir, m’a dit «allez hop, je t’emmène, y a pas le choix de toute façon !»

Et c’est là que cela a commencé, vraiment, sérieusement. Début de l’apprentissage. Découverte du plaisir et des efforts que cela demande de répéter toute l’année, d’apprendre un texte, du travail à la fois individuel et collectif, d’être au service d’un projet commun et bien-sûr, du plaisir intense, nourri, enrichi de tout ce travail effectué en amont, du plaisir donc, difficile à décrire, presque «orgasmique», de jouer, en direct, devant les spectateurs.

Après, très en résumé, j’ai donc continué à consacrer presque tout mon temps libre pour faire du théâtre amateur jusqu’à l’âge de 20/21ans à peu près. Il y a eu une pause, j’ai fait plein de métiers différents, caissier, sophrologue, homme de ménage… et le théâtre m’a rattrapé à Bordeaux, vers mes 29 ans. Et c’est l’année de mes 30 ans, que j’ai décidé de tenter le coup, d’essayer de vivre de ma passion et j’ai très bien fait (sourire) car, ça ne s’est pas arrêté depuis. Ensuite, c’est un peu le hasard ou la chance des rencontres, plus le fait que j’aime la diversité, la variété des plaisirs, faire et apprendre plein de choses différentes que j’ai été amené à faire à la fois du théâtre, des tournages et de la voix.

Donc merci à cet instituteur, à ce professeur, à Louis Boullé, mon premier Maître. (silence & sourire)

Merci Maman (…) , et merci à moi aussi. (large sourire)

Quelle est ta définition du mot artiste ?

Je trouve ça difficile comme question.(…) Alors, ma définition, toute personnelle et subjective (…)

Quelqu’un de sensible, qui décide, ou plutôt, à qui cela s’impose de manière vitale, quel que soit l’art, d’utiliser cette sensibilité, de jouer avec, de la transformer pour la présenter à un public, pour la partager avec le public (…) Je crois que c’est assez simple, tout compte fait. Voilà, pour moi un artiste, c’est ça. Comme offrir en cadeau au public, avec la plus grande générosité et sincérité possible, le fruit de son travail et le plaisir qu’il a à exercer son art. Cette notion d’offrir du plaisir est essentielle pour moi car elle implique que l’artiste en éprouve aussi. Je ne crois pas trop au côté souffrances de l’artiste torturé. (sourire) Je préfère offrir, diffuser du plaisir.

Après, c’est la liberté totale du public, d’aimer ou pas le cadeau qu’on lui propose. (sourire) Mon objectif premier, n’est plus que le public aime absolument, c’est plus agréable et ça fait plaisir, c’est vrai, mais mon objectif est de plus en plus souvent, d’offrir simplement mon plaisir de jouer, de lire, de dire, en espérant juste que cela génère chez lui des émotions.

Car je (ne) suis (qu’)interprète. (sourire entendu) En ce qui me concerne, je suis le transmetteur de ce qui a déjà été produit, imaginé, écrit, créé par d’autres artistes. Comme un instrument.(…) Je suis à la fois instrumentiste et instrument. Ce qui implique, pour moi, en tant qu’artiste interprète, d’abord de faire le mieux possible ce qu’on me demande (metteurs en scènes, réalisateurs, directeurs artistiques, ingénieurs du son, …) ET d’y trouver du plaisir. Puisque, c’est CE plaisir que j’offre ensuite, au travers de mes interprétations.

Parfois, en direct, dans ces moments magiques, privilégiés, uniques de partage que seul peut permettre le spectacle vivant, le «live» et parfois et de plus en plus donc, en ce qui me concerne, en différé.

Et lorsque je parlais d’offrir le fruit de son travail, cette notion de travail est importante pour moi. Artiste sonne un peu comme artisan. J’aime l’image de l’artisan et cette citation de Boileau

«Hâtez-vous lentement ; et, sans perdre courage, Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage : Polissez-le sans cesse et le repolissez ; Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.»

Et, pour moi, c’est aussi ça un artiste. En tant qu’apprenti, la rencontre avec des Maîtres (…) Prendre le temps, travail de longue haleine, de faire, de refaire, d’apprendre de ses échecs, de s’amuser de ses erreurs, de déguster et profiter des réussites, de continuer à chercher, essayer, tenter. De ne jamais être sûr de quoi que ce soit, d’être dans un processus permanent d’expérimentations, d’apprentissages et d’accepter que cela demande des efforts, des efforts, des efforts et du temps. (sourire)

J’aime vraiment les notions d’effort, de patience, d’humilité et de travail.

Comment le fait d’être comédien te construit-il, et que penses-tu apporter au monde artistique ?

(rires) Je crois que c’est un peu comme une drogue, il faut que j’ai ma dose. Je pense quand même être totalement accro à mon métier. Avec cette chance incroyable, et j’essaie de ne jamais l’oublier, ce privilège, à l’échelle de la planète, de faire partie de cette minorité de personnes qui ont un métier qui est en même temps une passion et de souvent dire, «je vais jouer» au lieu de dire «je vais travailler». Et justement, d’être accro à ça (rires) Cela me construit, en ce sens que ça me nourrit en émotions, en sensations, en rencontres, en plaisirs. Et pour garder l’image de la drogue, le «shoot» le plus puissant était vraiment sur scène, au théâtre, du fait de la présence du public et donc d’un échange direct, immédiat et physique, charnel(…) et d’une certaine forme de prise de risque, c’est sans filet, on ne peut pas dire «coupez !».

Devant une caméra ou un micro, c’est quelque chose de plus doux. Ce ne sont pas vraiment les mêmes métiers, même si ils sont complémentaires, ni les mêmes plaisirs. (…) Mais dans tous les cas, il se produit toujours quelque chose d’unique, lié au moment présent, tel qu’il est, au moment où je travaille. J’apprends donc à découvrir et apprécier de plus en plus d’autres plaisirs, peut-être plus fins, plus subtils, moins puissants qu’au théâtre (…) Mais plaisirs tout de même et je suis accro au(x) plaisir(s). Et ce métier m’en procure une très grosse dose. (sourire)

Et, même si cela a évolué depuis l’école primaire (rires), ce plaisir demeure en lien, connecté au regard des autres bien entendu. La différence, c’est qu’au départ, pour que je sois heureux en tant que comédien, il fallait absolument que le public aime. Aujourd’hui, je suis heureux quoi qu’il arrive et je le suis juste encore plus, si le public aime.

Et, ce qui peut aussi faire office de transition avec la deuxième partie de la question, qui avait provoqué mon rire du début, j’expliquerai pourquoi après (…), je dis souvent que les pièces dans lesquelles j’ai joué, les films dans lesquels j’ai tourné, les enregistrements voix que j’ai fait, sont un peu mes enfants, il se trouve que je n’ai pas d’enfants et quelque part se sont un peu comme mes enfants, les traces que je laisse de mon passage en tout cas (…) et traces de mon nom aussi. Je suis assez attaché au fait de perpétuer, par ce biais-là, mon prénom et mon nom de famille, qui, depuis plus de 20 ans, se retrouvent un petit peu partout, sur des affiches, dans des programmes, dans des génériques, etc… (rires de gamin)

Et quant à ce que je pense apporter au monde artistique (rires de nouveau) cela me faire rire car, et ce n’est pas de la fausse modestie, il y a toujours une petite partie de moi qui a l’impression que je ne suis pas à ma place, que je ne suis pas légitime en tant que comédien, qui doute (…) Et cette impression m’apporte une certaine forme de fragilité et tant mieux d’ailleurs, heureusement, car, comme globalement tout se passe très bien dans mon métier, je pourrais aussi avoir la grosse tête et être un grand prétentieux.(sourire) Après, au moment où j’exerce mon métier, je pense apporter ma sensibilité, mon professionnalisme, mon exigence et au monde artistique, le fait de partager le plaisir que cela me procure de faire ce métier là. (…)

Et là, pardon je reviens en arrière, sur comment cela me construit, c’est que, je me laisse porter par les émotions provoquées par la musique de Bach, que j’adore pour ça(…) Elle provoque chez moi des émotions qui m’élèvent, peuvent être de l’ordre du bonheur pur, lumineux, presque spirituel, ou plus sombre, d’une très grande tristesse. Ce qui est le cas, en cet instant précis (… larmes aux yeux) Ce qui me fait penser donc, que ce métier, me permet justement d’avoir la chance de pouvoir jouer aussi bien avec mes zones de lumière qu’avec mes zones d’ombre, les choses que j’aime en moi, comme celles que je n’aime pas forcément. Que c’est ludique et assez jouissif à faire, plutôt que parfois d’être dans une espèce de lutte intérieure entre ces zones, de jugement, de souffrances parfois ou de déni. Et là, d’être au contraire le plus connecté possible à toutes les facettes de ce que je suis, et de continuer à en découvrir d’autres, comme de nouvelles couleurs à ma palette, ou de nouvelles cordes à mon arc. D’où la nécessité selon moi, d’un travail sur soi, d’une connaissance intime de soi. Un musicien qui connaît parfaitement son instrument en jouera autrement, plus complètement et comme je suis à la fois l’instrument et celui qui en joue, cette connaissance de soi, apporte un jeu différent, plus riche, plus complexe et plus complet peut-être. Pardon, je referme la parenthèse de ce petit retour en arrière (sourire)

Pour conclure donc, j’offre le plaisir que j’ai à exercer mon métier et j’apporte au monde artistique (…)
Ma sensibilité (…)
Oui, c’est ça (…)

Ma sensibilité

Crois-tu que jouer dans les théâtres, les films, les séries télévisées soit complémentaire, ou au contraire que les différences servent à se remettre en question, puiser dans d’autres sphères ?

Je crois que c’est les deux en même temps. Ce sont deux métiers à la fois complémentaires et en même temps très différents. Il y a des ponts entre jouer au théâtre et jouer devant une caméra.

Le lien, le point commun, c’est d’abord la sensibilité, dont je parlais tout à l’heure, les émotions, l’esprit, et le corps aussi, le cœur, les tripes… La matière première est la même, c’est le même instrument. (…) C’est la manière d’en jouer qui est différente. Les plaisirs ressentis aussi, comme j’en ai parlé tout à l’heure je crois. Certains comédiens vont préférer l’un ou l’autre (…)

Et vraiment, moi, j’aime les deux. Et j’apprends à apprécier de plus en plus la palette de jeu que peut offrir la caméra. J’ai l’impression que, dans ce qu’on ma demandé jusqu’ici en tout cas, j’expérimente une espèce de jeu assez sobre devant la caméra, qui peut donner l’impression qu’il n’y a presque rien ou presque toujours la même chose (sourire). Au sein de cette sobriété, j’essaye qu’il y ait «trois milliards» de micro nuances, à peine visibles. (…)

Et du coup, oui, les sphères se répondent l’une, l’autre. Je pense que ce jeu face caméra, ces choses subtiles que j’expérimente, pourront me servir sur une scène. Et inversement, le fait d’avoir fait longtemps et régulièrement du théâtre et d’avoir eu la chance d’aborder presque tous les styles, et bien, cela a apporté plein de couleurs sur ma palette, plein d’outils dans ma boîte à outils. Ce qui fait que je peux y faire appel, les utiliser devant la caméra, par petites touches, c’est moins extérieur, c’est moins projeté qu’au théâtre. Comme un concentré, une huile essentielle de jeu théâtral.

Les deux ont aussi en commun la présence du cadre. Le cadre de la mise en scène, de la direction d’acteurs, de la réalisation et le vrai cadre liée à la caméra. Et c’est quelque chose que j’adore. Je fais partie de cette famille de comédiens qui trouvent leur liberté au sein du cadre. J’en ai besoin, besoin d’un cadre clair, ça me rassure, je me sens protégé et au milieu de ce cadre, je peux jouer (rire de benêt)

Car, il n’y a pas que l’histoire de l’ego et d’aimer qu’on me regarde, j’aime vraiment faire le mieux possible ce qu’on me demande, être dans le cadre et y trouver du plaisir et ma liberté. Ce n’est pas de la souffrance pour moi, c’est du plaisir. J’aime le cadre (sourire)

Un autre point commun très important pour moi, c’est que, dans les deux cas, c’est toujours, toujours, un travail d’équipe. Travail de ceux qu’on voit comme de ceux qu’on ne voit pas. C’est essentiel pour moi. C’est un vrai lien entre ces deux facettes de mon métier. De sentir que le résultat artistique se fait grâce au travail collectif d’une équipe.

Quelle est ton actualité, quels sont tes projets ?

Alors, mon actualité, au moment précis où je réponds, c’est à la fois des tournages, j’étais hier à Mont de Marsan pour un téléfilm et il y a deux jours, j’étais à Paris pour un autre et ces dernières semaines, des enregistrements voix, livres audio et voix off pour des documentaires. J’ai cette chance, et j’en ai bien conscience, douloureusement parfois, en pensant à celles et ceux qui se retrouvent sans activité, j’ai cette chance donc de pouvoir continuer à travailler.(…) Ça, c’est mon actualité, de ce que je fais en ce moment.

Et mon actualité, c’est aussi, et là, j’ai hâte de voir, je suis comme un gosse impatient (large sourire ému et juvénile), c’est la diffusion, à partir du 07 janvier sur TF1 de «La promesse». Une série policière, réalisée par Laure de Butler, avec entre autre Olivier Marchal. Et c’est un tournage sur lequel je me suis vraiment éclaté. Lorsque je parlais de travail d’équipe, et bien c’était une équipe merveilleuse. D’abord, j’ai adoré être dirigé par Laure et il y a eu la très belle rencontre avec Olivier, avec qui j’ai eu la chance de jouer dans presque toutes mes scènes. Une rencontre comme je les aime, humaine et artistique. Respect, sincérité, bon vivant et partage. Ça «jouait» comme on dit, et ça jouait ensemble. (sourire)

affiche de la série La promesse réalisée par Laure de Butler diffusé sur TF1 avec Olivier Marchal et Lorant Deutsch
La promesse
© TF1
Commissaire Jansen interprété par Frédéric Kneip de la série La promesse diffusé sur TF1
Commissaire Jansen (Frédéric Kneip) dans La promesse
© Christophe Brachet

Un tournage à la saveur particulière, interrompu par le premier confinement (…) Plein de souvenirs (…). Une actualité qui me touche donc et vraiment impatient de découvrir le résultat de ce travail d’équipe.

Pour les projets, concrètement rien pour l’instant en tournages et quelques enregistrements voix calés en début d’année.

Et, une petite «révolution» quand même, au bout de 20 ans (rires), et alors que depuis plusieurs années on me conseille de le faire, mais bon, je suis plus tortue que lièvre, je me suis enfin décidé (…) je vais finalement, sûrement, vraisemblablement (rires) incessamment sous peu, prendre un agent, comme on dit, pour tout ce qui est tournages. Le processus est en cours (sourire) Comme je l’écris souvent «To be continued» (…) Affaire à suivre… (rires)

Tu as comme Louis de Funès, Jacqueline Maillan, et tant d’autres le don de faire rire, aimerais-tu jouer des rôles qui te permettent de l’exprimer ? Et cette facette est-elle une facilité ou, au contraire, demande une autre énergie ?

(éclats de rires en lisant la question) Je ris, car vraiment pour moi de Funès et «la» Maillan, comme on dit, sont pour moi des Stradivarius du rire, des «monstres» de l’humour et je pense en être très loin. Et c’est très très étonnant que ces deux noms figurent dans la même question (…) D’abord, j’adore de Funès. Et Jacqueline Maillan, était un modèle pour moi, sûrement un de ceux qui m’ont donné envie de faire du théâtre, à l’époque où je regardais «Au théâtre ce soir» à la télé. J’ai tellement ri grâce à elle (…)

Et je pense que ces deux-là étaient des travailleurs acharnés. Pour moi, pour l’humour, pour la capacité de faire rire, il y a le don et un travail énorme derrière. Je crois que faire rire est beaucoup plus difficile, demande beaucoup plus de travail que de faire pleurer les gens. La comédie, l’humour, c’est comme une partition, c’est de la musique, de la rythmique (…)
Et cette question fait écho à la question 1. J’ai beaucoup joué de comédies au théâtre. Des comédies classiques, à la Molière ou de boulevard et j’adore ça. A chaque fois, faire rire le public, c’est un peu comme retrouver le plaisir presque «primal», originel de ce plaisir-là. (…)

Alors que devant la caméra, jusque-là en tout cas, c’est plutôt l’inverse. J’ai surtout joué des personnages, sérieux, obscurs, assez froids, odieux, durs,…. même des fois des ordures, des salauds, … (sourire) j’adore jouer ce type de personnages, c’est très jouissif aussi de jouer des «méchants».

Mais c’est vrai que, toujours dans cette démarche de continuer à expérimenter le plus de choses possibles dans mon métier, j’adorerai être amené à jouer de la comédie pure devant la caméra.

En tout cas, faire rire me demande plus de travail, plus d’efforts. Mais, quand je parlais tout à l’heure des notions d’artisan et d’efforts, sans être masochiste (sourire), la satisfaction finale est forcément décuplée, enrichie, nourrie de l’intensité des efforts que j’ai fait, du travail que ça m’a demandé. Faire rire est exigeant. Je crois que ça demande une sincérité encore plus forte, une énergie folle, pas trop le droit d’être un peu moins en forme.

Et pour revenir à la question du don ou de la facilité, je dirais que plus qu’une facilité, j’ai une présence, qu’on l’utilise pour faire rire ou non (…) c’est plus ça. J’ai une présence, sur scène ou devant une caméra,(…), il se passe un truc, quoi, je ne sais pas mais (…) un truc. Je suis un gros bosseur, j’ai besoin, ça me rassure mais si il y a une part de don ou de facilité chez moi, c’est probablement la présence.

photo de Frédéric Kneip comédien et artiste interprète
© Fred Encuentra

Où et comment puises-tu ton équilibre ?

(éclats de rires) ça m’a faire rire, parce que ça présuppose que je suis quelqu’un d’équilibré (rires à nouveau, rire de benêt même)

Alors, j’ai commencé ce travail il y a des années, j’apprends, je continue à apprendre, que pour trouver «mon» équilibre, je puisse me servir(…) faire appel à moi. Que j’ai en moi des capacités (…) qui peuvent me servir à trouver mon équilibre. Ça peut être dans la méditation, la sophrologie, le shutaïdo, des techniques dans ce registre là. Et je me fais des mélanges, un peu comme dans mon métier, entre ces différentes techniques. En tout cas, de travailler à ce que la première source de mon équilibre, ce soit moi.
Pendant de nombreuses années, j’étais plutôt très tourné vers l’extérieur (…)

J’ai aussi des soutiens, des liens extérieurs qui contribuent à mon équilibre et ce sont les amis d’abord, j’en parlais tout à l’heure. Les amis, les vrais, avec un grand A. Ils se comptent presque sur les doigts d’une main et je peux être quasiment moi-même, à presque 100% avec eux et inversement.

Et (rires) , et ça devrait d’ailleurs être remboursé par la sécu, je me fais masser. En gros, le rythme, c’est une fois par mois. Pour moi, c’est devenu, depuis 8/10 ans, une partie intégrante de ma routine de vie, de mon équilibre, massages bien-être qui porte bien leur nom. Bien-être (…) Être bien

Si on parle de santé, je suis dans une démarche à la fois curative, quand il faut je fais appel à la médecine moderne, ET préventive (sûrement sous l’influence de ma formation en sophrologie), de faire en sorte de ne PAS tomber malade, de ne pas tomber dans le déséquilibre. Pour ça, il y a donc les massages, qui sont essentiels pour moi, et je vois aussi régulièrement naturopathe, ostéopathe, en entretien, en préventif. D’essayer de prendre soin aussi bien du corps que du mental, d’utiliser positivement l’interaction permanente qui existe entre les deux. De faire des réserves de bien-être. Tout en ayant ce paradoxe par exemple que je reste un très gros fumeur (sourire)

Voilà, en gros (…) et avec mon expérience, mon parcours de vie, à la fois privée et professionnelle, apprendre aussi à vivre plus sereinement et néanmoins complètement, les moments où je me sens en déséquilibre. J’ai besoin des deux, d’expérimenter les deux, l’ombre et la lumière et forcément, cela me sers aussi dans mon métier. Même si j’ai déjà été amené à jouer des émotions ou des situations que je n’ai jamais vécues ou ressenties dans la vraie vie, les émotions restent une des matières premières de mon métier et j’aime, j’ai besoin, j’ai envie (rires) de continuer à aller expérimenter la lumière ET l’ombre.(…) mais de plus en plus dans la douceur et moins dans les extrêmes, dans ma vie privée, j’entends.

Après m’être longtemps qualifié de dépressif chronique, je crois que je suis un dépressif heureux (éclat de rires de benêt)
Oui, j’aime bien ça (…)
Je suis un dépressif heureux (grand sourire)

Quelles autres passions animent ton existence ?

That is THE question (rires) Peu, très peu. (…) Si on parle de passion, avec un grand P (…) mon métier, prend, je décide que mon métier prenne beaucoup de place (sourire) Le mot «passion» du coup, est vraiment réservé au cadre professionnel pour moi. Et après, pardon je me répète (sourire) il y a l’amitié.

Car l’amitié, ça se travaille aussi (…) un peu comme une relation de couple (rires) si on veut gagner en authenticité, en respect, que la relation mûrisse, s’embellisse, se bonifie comme un bon vin de garde (…) J’ai notamment, parmi mes quelques Amis, une belle relation d’amitié avec une femme, qui dure depuis plus de 30 ans maintenant, puisque nous avons fêté nos 30 ans, il n’y a pas très longtemps et (grand grand silence ému) et (…) c’est une très belle relation, mais ça demande des efforts, ça demande du travail (…) ça n’a pas toujours été simple, pas toujours agréable mais, comme je le dis souvent, ce qui est désagréable n’est pas forcément négatif et inversement. (…)

Donc oui, ça, c’est très important dans ma vie. Mes relations d’amitié. (grand et long rire de benêt tout en douceur) Et voilà…

Je ne vais pas souvent au cinéma, je ne suis pas un gros lecteur. J’écoute de la musique de temps en temps, c’est par période. Avec des goûts très très éclectiques. (sourire) Si je flash sur un morceau, je peux l’écouter en boucle et longtemps par contre. (sourire) Même chose pour un film ou une série d’ailleurs, mais c’est plutôt chez moi. C’est mon côté un peu Misanthrope (sourire)

J’aime de temps en temps ne faire rien aussi (…)

Peux-tu te décrire en 3 adjectifs ? Quelle est ta couleur préférée, et pourquoi ?

Sensible (…)
Exigeant (très long silence et comme du bout des lèvres)
Gentil
Exigeant envers moi et les autres. Gentil, mais ça me demande du travail (sourire)

Ma couleur préférée, c’est le violet, longtemps, j’aurai répondu le bleu, mais maintenant, c’est le violet. Il y a quelque chose d’apaisant, de rassurant, de chaleureux pour moi dans le violet. Ce n’est pas froid pour moi. Je trouve ça très beau. Me viennent des images de longues tentures violettes, de cérémonies (…) Il y a peut-être aussi une dimension spirituelle dans le violet (…) je dis bien peut-être (…)

Il y a aussi une puissance pour moi dans le violet. Mais de puissance pas agressive, pas destructrice, pas spectaculaire. Une espèce de force, de noblesse et de puissance intérieure, plus posée mais qui est là et bien là.

Quelles valeurs et quels principes te tiennent à cœur ?

La première c’est le respect. Se respecter soi-même d’abord, avec toute la complexité et les efforts que cela nécessite. Dans ce que j’aime et ce que je n’aime pas chez moi. Et de respecter LES autres. Y compris ceux que je ne connais pas, ceux avec qui je ne suis pas d’accord, ceux qui me rejettent, qui ne m’aiment pas, ceux qui m’agressent (…) Respecter les autres et le monde. Et, pour moi, qui va bien au-delà que de s’aimer. C’est pas «aimons-nous les uns les autres»

Je préfère «Respectons-nous les uns les autres»

Le respect de l’altérité, le respect de la différence, le respect de l’inconnu (…)

Et en vieillissant, d’essayer d’arriver à (…) à l’essentiel des choses, à ce qui nous unit plutôt qu’à ce qui nous différencie. Croyances, couleur de peau, comportements, convictions, etc… ça, c’est tout ce qui nous différencie, mais tout ce qui nous réunit (…) Et bien c’est un cœur qui bat, c’est du sang qui coule dans nos veines, c’est la sève qui circule,…. J’en reviens à ma petite vision holistique du monde (sourire) et d’essayer de faire en sorte que tout cela soit le plus détendu possible et de s’axer sur l’essentiel. Sur l’essence et sur les sens. Être dans l’être plutôt que dans l’avoir ou le faire ou le posséder des choses.

Vivre et partager des choses et en ayant conscience que cela peut avoir une fin n’importe quand. La mort de mes parents m’a apporté ça. Dans la douleur et la souffrance au début mais cette acceptation de plus en plus sereine de notre mortalité, du côté éphémère de notre passage par ici. (sourire)

Je continue à travailler à ne plus avoir peur de la mort, ni la mienne ni celle des personnes que j’aime, que ce n’est pas un problème, que la mort, c’est une force (…) Ce qui donne tout son piment à la vie, c’est qu’elle a un terme justement et qu’on ne sait jamais ni quand, ni où, ni comment. Et que ce n’est pas grave. C’est simplement ce qui justifie qu’on devrait faire en sorte que notre vie, tous ensemble sur la planète, avec toute forme de vie, devrait être la plus douce, la plus respectueuse possible, qu’on soit dans la découverte de l’autre, dans l’échange. Pas dans la lutte, pas dans la guerre, pas dans le repli, pas dans le rejet de l’autre, quelles que soient les raisons qui font que je rejette l’autre d’ailleurs mais dans l’écoute, le partage (…) dans l’ouverture, dans la nuance, (…) dans la pondération, dans le doute plutôt que dans les certitudes, dans le mélange plutôt que dans le communautarisme (…) et le mélange ne veut pas dire que je disparais.

C’est comme dans un orchestre symphonique. C’est un vrai mélange, ce sont des choses, des instruments, des personnes qui de prime abord n’ont rien à voir ensemble (…) et bien, au résultat, ça donne des moments musicaux incroyables, des symphonies, des concertos, chaque instrument conserve son individualité, sa personnalité mais hop ! ça crée, ensemble. Dans cette symbolique là et musicalement, j’adore le travail de Hugues de Courson

Cette possibilité de créer ensemble à l’échelle de la planète. (…)

(éclat de rires) Je me rends compte que c’est très très «Miss Francien» ce que je suis en train de dire. J’aime aussi l’autodérision, me moquer de moi-même, ça ne peut pas faire de mal. (rires)
Donc, oui, très «Miss Francien»

Par contre, c’est une vraie, vraie conviction et une aspiration de plus en plus profonde et de plus en plus sereine. J’y travaille. Et c’est vrai, des fois, je n’y arrive pas du tout, mais j’accepte (sourire)

Quel est ton coup de cœur du moment, et pourquoi ?

J’ai failli répondre, rien (…) Je dirai que mon coup de cœur du moment, c’est en zappant. Je zappe régulièrement, et tard dans la nuit parfois (sourire), je garde un rapport à la télé qui date de l’enfance, je suis «un enfant de la télé», ça m’est resté.

Et je suis tombé sur la série «Balthazar», avec, entre autre Tomer Sisley. Et bien, je ne sais pas trop comment l’expliquer mais j’ai un vrai coup de cœur pour le personnage de Raphaël Balthazar. J’adore ce qu’en fait Tomer Sisley et j’adore ses moments où je redeviens simple spectateur, où je me fais «choper», où j’oublie que je suis comédien et que je me laisse embarquer par des émotions. Et là, j’en ai, plein. Il me fait rire, il me fait pleuré, il me touche et j’aime bien être touché. (larmes aux yeux) Il me touche vraiment ce personnage.

Tomer Sisley Raphaël Balthazar diffusé sur TF1
Raphaël Balthazar (Tomer Sisley)
© TF1
photo de Tomer Sisley
Tomer Sisley
© Giampaolo Vimercati

Et si un jour j’ai l’occasion, je lui dirais à Monsieur Tomer Sisley (sourire)

Et, en regardant Balthazar, là où hop, le métier reprend le dessus, je me suis dit «Putain, qu’est-ce que j’aimerais jouer avec lui» Voilà…. (rires de benêt)

Si tu étais…

Un objet ?

Une bougie : c’est vivant. Mais pour qu’elle s’allume, il faut une intervention extérieure. Une fois allumée, c’est vivant, c’est chaleureux, on peut s’y brûler. Une flamme de bougie, ce n’est jamais tout à fait pareil, ça change tout le temps si on fait bien attention. Et elle fond, ce n’est pas éternel, ça se transforme. Ça éclaire, ça apporte de la lumière. (sourire) C’est assez fragile, ça fond doucement et ça s’éteint.

Un super-héros ?

(long long silence) Batman : parce que c’est d’abord un être humain «normal» Il n’a pas de supers pouvoirs, il utilise ses propres capacités et des accessoires, des outils. Et puis, il est à la fois lumière et obscurité, ombre. Il y a une face très sombre chez Batman. Le bien et le mal réunis. Il n’est pas trop manichéen. Comme chez les «méchants», j’adore Vador et Rogue, pour exactement les mêmes raisons. Bien et mal, lumière et ombre réunis.

Un animal ?

Un phénix, et un, en particulier. Fumseck, le phénix d’Albus Dumbledore dans Harry Potter. (sourire) Il renaît de ces cendres, il est tout petit et fragile au début de chaque cycle de sa vie. Et si on croit en lui, si on lui est fidèle, si on lui fait confiance, il sera toujours là, prêt à vous aider.

Un voyage en 3 étapes ?

Je vais rester dans l’imaginaire. Je prends une machine à voyager dans le temps.

Etape 1, je remonte le temps jusqu’en 32 après JC. Très envie de rencontrer Jésus justement, qui fût quand même un de mes premiers super-héros (sourire)

Etape 2, hop, direction le 17ème !
Siècle (sourire) Envie de rencontrer Molière et sa troupe.

Etape 3, un petit tour dans les années 70, dans mon propre passé, pour pouvoir observer l’enfant que j’étais vraiment et non pas seulement le souvenir que j’en ai ou que je m’en suis fait. (…) Puis retour, ici et maintenant.

Une citation ?

«N’ayez jamais peur ! La peur n’empêche pas la mort, elle empêche la vie. Tant que vous craindrez la mort, vous ne serez pas vivants !» Naguib Mahfouz

Que t’inspire la thématique 2020/2021 de Aquimieuxmieux.com : réagir et rebondir ?

J’y ai déjà en partie répondu à la question concernant principes et valeurs.

Simplement envie de rajouter que la dématérialisation à outrance, le monde en 100% virtuel, m’effraient.

J’ai envie, besoin d’un monde ancré dans le réel, le vivant, le partagé et le vécu, en vrai. Que tous les organes sensoriels continuent d’être mobilisés et stimulés. Un monde de sueur, de chair et d’os, d’odeurs, de contacts physiques, de matières, de palpable, de goûteux (…)

Où se mélange genre, humeurs et fluides corporels (sourire)

Bref, je choisis plutôt la pilule rouge….

Quelle question as-tu envie de poser, et à qui ?

A la cantonade.

Est-ce qu’un jour, sur la planète, l’art et la culture seront considérés comme essentiels à la Vie, au même titre que respirer, boire, manger, dormir, rêver, apprendre et se soigner ? (large sourire)


Maud Ménès

Interview réalisée par Maud Ménès

Co-Fondatrice – Présidente de Aquimieuxmieux.com

Directrice de la publication – Rédactrice Web – Communication – Consulting – Coaching – Révélatrice de vos talents



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