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interview de Karel Janik

La Forge du Frelon – Karel Janik

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Forgeron « La Forge du Frelon »

Façonner, avec les mains comme outils.

Réaliser des couteaux avec une méthodologie, un enseignement particulier…

Un travail qui engage le créateur dans une implication absolue pour offrir une qualité irréprochable.

Chaque couteau est précieux, unique à l’image de cet artiste talentueux, il s’agit de transmission, d’apprentissage, de tradition et de temps que l’on ne compte pas pour toujours, inlassablement continuer d’apprendre !

Mettre Karel Janik en lumière est pour moi une certitude que je ne saurais suffisamment souligner : ce portrait sent l’air iodé, le vent breton et le caractère bien trempé de l’acier !

Je vous laisse vous imprégner des réponses de Karel Janik…

Karel Janik La forge du frelon à Tinténiac

Je m’appelle Karel Janik. J’ai un diplôme d’ingénieur en systèmes urbains et télédétection. J’ai bossé deux ans et demi en tant qu’ingénieur d’étude dans un laboratoire de recherche. Je ne me suis jamais senti adapté au travail de bureau, mais beaucoup plus au travail manuel, alors j’ai profité de mes temps libres pour me former à la forge de couteaux. Depuis septembre 2016, je forge des couteaux tous les jours dans mon atelier qui est situé à Tinténiac, entre Rennes et Saint Malo.

La forge du frelon Karel Janik

1) Quel est l’élément déclencheur qui t’a donné envie de devenir coutelier ?

C’est un stage chez le forgeron coutellier Vinh Le Cao, le premier que j’ai effectué chez lui. Il a néanmoins fallu plusieurs semaines d’apprentissage chez lui (3 mois en tout) pour que je prenne la décision d’en faire mon métier. Vinh m’y a encouragé, et je le remercie mille fois pour ça. Avant de le rencontrer, j’étais à la recherche d’une activité d’artisanat qui pourrait devenir mon métier. Je voulais absolument changer de vie, bosser de mes mains, ne plus dépendre ni d’un patron ni d’une entreprise, sortir du modèle de travail qu’on nous propose. Cette volonté de faire différemment est également un élément déclencheur.

2) Qu’est-ce-qui t’inspire ?

Je ne fais jamais aucun couteau sur plan. C’est au moment des premiers coups de marteau que la forme finale du couteau se dessine, et je laisse faire comme ça vient. Il arrive souvent que le motif d’un morceau de bois que je viens de découper m’inspire une certaine forme de lame. J’ai aussi en tête certains modèles d’autres couteliers que je trouve vraiment intéressants desquels je m’inspire. Je préfère les lames très simples, plutôt brutes, sans fioriture. Mais je ne pense pas que mes couteaux soient vraiment “inspirés”, du moins pour l’instant. J’essaie simplement de faire des couteaux qui coupent et qui sont agréables en main, de bons outils quoi !

3) Si tu devais te décrire en 3 adjectifs ?

Perfectionniste, curieux, révolté

4) Quelle est ta couleur préférée ?

Le Glaz. Le Glaz c’est un truc de breton, à chacun de chercher ce que c’est !

5) Quel(s) autre(s) domaine(s) de création te passionne(nt) ?

Le travail du bois me passionne. Je trouve que c’est la matière la plus incroyable qui soit. Il y a une telle diversité de textures, de couleurs, de motifs, de techniques et disciplines autour du bois. Je crois bien que ce que je préfère dans un couteau est la fabrication du manche. J’ai souvent sculpté différents ustensiles à la hache et au couteau. La poterie me touche également beaucoup. Mais je crois qu’en compagnie de n’importe quel artisan passionné, tous les domaines de création sont susceptibles de me passionner !

6) Que veux-tu transmettre à travers tes créations ?

Le fait qu’il est possible de faire de jolis objets à partir de pas grand chose, qu’on peut faire les choses soi-même.

Surtout avec un bon couteau en poche !

7) Quels matériaux préfères-tu travailler ?

L’acier, bien évidemment, mais le bois est de très loin en numéro un, il est plus chaleureux et plus facile à travailler (surtout en hiver !).

8) Quel sentiment ou quelle émotion ressemble à tes œuvres ?

Question à laquelle je n’arrive pas à répondre car je ne considère pas que mes couteaux soient des œuvres.

Ce sont des outils, qui serviront peut-être à faire des œuvres, et si c’est le cas, tant mieux. Il y a néanmoins une idée de transmission derrière le couteau qui me plait beaucoup. Offrir ou se faire offrir un beau couteau est très symbolique,
depuis toujours.

Et puis j’aime faire des repas avec des amis et voir qu’ils ont des couteaux que j’ai forgé pour eux !

9) Quel(les) créateur(rices) admires-tu ?

Dans la domaine de la coutellerie, j’admire l’école et les couteaux de Vinh Le Cao, les couteaux du Japonais Shosui Takeda, la qualité du travail du coutelier Gregory Picard. Plus largement, dès que quelqu’un crée et met du temps et de la passion dans son œuvre, je pense qu’il peut et doit être admiré.

Comme disait Jacques Brel, le vrai talent c’est le travail.

10) Quelle question souhaites-tu poser aux lecteurs/lectrices de Aquimieuxmieux.com ?

Quel couteau avez-vous en poche ?

www.laforgedufrelon.log.bzh


Maud Ménès

Interview réalisée par Maud Ménès

Fondatrice – Présidente de Aquimieuxmieux.com

Directrice de la publication – Rédactrice Web – Communication – Consulting – Coaching – Révélatrice de vos talents


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2 réflexions sur “La Forge du Frelon – Karel Janik”

  1. Un très bel invité que l’on sent passionné et investi par son art et qui reste simple. Ses créations j’en suis sûr sont à n’en pas douter de très bons outils capable de révéler les œuvres que l’on a en ses mains. J’aime cette vision de l’artisan fabricant d’outils, un maillon de la chaîne de création bien qu’il est créateur lui même.

  2. Voici le beau projet qu’il faut soutenir et découvrir : (texte de la page : La Forge du Frelon)

    Salut ! Voici quelques détails du dernier couteau “Godille” que j’ai forgé. Mon ami Hervé Lemerrer partira à la fin de l’année pour une traversée de L’Atlantique à la godille (https://www.facebook.com/atlantiquegodille/ ), en solitaire, sur un bateau qu’il fabrique lui même, pendant 40 jours. Afin de soutenir ce beau projet, je fabrique ces couteaux simples, à tout faire, poinçonnés d’une godille et numérotés, pour l’aider financièrement (un couteau coûte 60 euros, et 20 euros vont à Hervé), pour communiquer autour de son projet, et pour le remercier des leçons de vie qu’il a pu m’apporter lorsque nous avons navigué ensemble entre Marseille et les Canaries. C’est un grand marin, c’est un grand homme ! L’objectif est de vendre 100 couteaux avant son départ, alors n’hésitez pas à partager et à aller voir sa page ! Un grand merci à ceux qui y ont déjà participé.

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