Le Domaine de la Cavalière par Nathalie Montain


Le Domaine de la Cavalière

photo du Domaine de la Cavalière à Lourmarin dans le Lubéron

Ce mois-ci, j’aimerais vous emmener en balade dans le sud du Lubéron. Dans une région qui m’est chère, car pendant mes études dans le Vaucluse, je m’y évadais souvent au volant de ma mini, mon appareil photo argentique sur le siège passager. J’aimais me perdre dans les lieux au nom magique « Gordes » « Montmajour » « Lourmarin »…

Lourmarin a toujours eu ma tendresse depuis toutes ces années, depuis les mots de Camus découverts dans l’adolescence et par le temps paisible que j’y ai passé.

C’est donc avec bonheur que j’y suis revenue pour découvrir un Domaine dont j’avais eu le plaisir de déguster les vins quelques temps auparavant : Le Domaine de la Cavalière.

Ce domaine qui renaît d’une histoire tombée dans l’oubli est un domaine privé à la tête duquel se trouve depuis 2015 Julien Besson.

Julien Besson du Domaine de la Cavalière à Lourmarin

Julien est de ces personnes sympathiques dont le sourire et la jovialité sont contagieux. A son contact, vous ne pouvez que vous sentir à l’aise et « comme à la maison ». C’était déjà ce sentiment qu’il savait communiquer avec simplicité lorsqu’il était sommelier, notamment chez Key’s Passion à Nice, il y a… longtemps… à l’époque où j’ai eu le plaisir de le rencontrer, presque dans une autre vie , dirons-nous tant le temps semble lointain et pourtant garde aux souvenirs une vivacité réconfortante.

Julien Besson est amoureux des vins, ceux qu’il a présentés, servis, ou découverts. Il est respectueux des vignerons dont il a croisé la route, et qui l’ont nourri de leurs expériences et conseils. Sa curiosité aiguisée, sa soif de connaissances, et sa volonté de toujours dépasser les limites, se remettre en question pour toujours devenir meilleur font qu’aujourd’hui, c’est nous qui tombons «amoureux » de ses vins.

Julien Besson a une formation de cuisinier qu’il a complété d’une formation en sommellerie. Ce bagage mais surtout sa passion, lui ont ouvert les portes de belles maisons, de la Côte d’Azur à New-York en passant par Lyon et Paris.

Ce jeune homme passionné a repris en main le Domaine de La Cavalière en commençant par le convertir à l’agriculture biologique et poussant son approche et son travail au-delà des simples critères d’un label.

L’histoire viticole du Domaine de La Cavalière était liée à la coopérative locale comme beaucoup de domaines à l’époque. Depuis l’arrivée de Julien Besson, cette histoire s’écrit seule et le Domaine affirme ainsi une véritable identité.

Quand vous arrivez au Domaine de la Cavalière, vous êtes immédiatement saisis par la paix qui se dégage des lieux, par une beauté intemporelle. Même si la nature s’exprime par tous les sons et odeurs que les citadins que nous sommes oublient régulièrement, une sorte de silence libérateur, et un calme cotonneux vous envahissent. La forêt toute proche semble préserver les lieux d’un mauvais sort comme dans un conte de Perrault. Il y a quelque chose de l’ordre du Sacré, du mystique.

Julien réalise ici un de ses rêves : celui d’une terre nourricière épanouie et épanouissante synonyme de paradis pour tous gastronomes qui se respectent. Il a ainsi souhaité que la nature s’exprime sur ces terres en un cercle vertueux, en prenant comme inspiration première les préceptes de la permaculture.

Les animaux présents sur le domaine : ânes, cochons, chevaux, chèvres, lapins, oies et poules fournissent le fumier naturel qui sera dispersé sur les différentes plantations, du potager, des arbres fruitiers, de la vigne.

Les résidus de plantes quant à eux servent à nourrir les animaux.

Camille et Julien Bessolo : apiculteurs dans les Hautes Alpes sont venus installer des ruchers sur le domaine, préservation des abeilles et pollinisation s’inscrivent ainsi dans la cohérence environnementale qu’a souhaité Julien Besson.

ruche de Camille et Julien Bessolo sur le Domaine de la Cavalière à Lourmarin

Le Domaine de la Cavalière, c’est aussi à l’image de la Provence, le chant des cigales et des champs d’oliviers – 8 hectares de la variété Aglandau – qui s’épanouissent naturellement et qui donneront successivement les huiles « Le Fruité Vert » et « Le Fruité noir » du Domaine.

champs d'oliviers sur le Domaine de la Cavalière

La vigne est, à l’image du reste du domaine, dans une sereine liberté, sous l’oeil attentif et bienveillant de Julien, elle évolue de la façon la plus naturelle possible, sans intrant.

Les sols entre les rangs sont enherbés chaque année de graines bio afin de restructurer, oxygéner les sols, et aider au développement microbien.

Julien Besson a commencé pour le millésime 2017 par deux cuvées en blanc, une cuvée en rosé et enfin une en rouge. Aujourd’hui, les 8 hectares de vignes sont répartis entre le Grenache Noir, la Syrah, le Cinsault, la Counoise, que l’on retrouvera dans les rouges, et les rosés. Le Grenache blanc, la Clairette, le Sauvignon blanc, le Vermentino et le Bourboulenc pour les Blancs. L’ensemble se répartit entre vieilles vignes et plantiers, Julien prenant soin de maintenir ou redonner sens à certaines parcelles du Domaine.

Pour son troisième millésime, 2019, Julien Besson nous gâte et nous offre sur toute l’année des cuvées de plus en plus abouties et réfléchies.

Certaines en effet patientent en cave avant d’être commercialisées, Julien choisissant le moment où pour lui, la cuvée est à l’image de ses attentes. Certains y verront, peut-être ressurgir son âme de cuisinier : servir un met que si, celui-ci est cuit à la perfection, assaisonné comme il se doit.

Cette année, nous avons pu nous régaler (et nous pouvons encore pour les quelques chanceux qui en ont encore des bouteilles) avec :

Le Bouquet :

Un envoutant rosé à la couleur réjouissante, savant assemblage de Merlot, Syrah, Grenache. Ces trois cépages étant arrivés à maturité ensemble, Julien en observateur de la nature a souhaité rendre dans la bouteille le ressenti de l’instant. Le vin aux notes de fruits rouges, de groseilles et baies juteuses, de belle intensité, tend au toucher et à la rondeur veloutée de la pêche de vigne. Il décline après l’ouverture une palette épicée et florale dans une générosité́ chaleureuse et réconfortante…

Une belle dégustation pour ce vin qui se doit d’être accompagné de mets aux saveurs orientales ou asiatiques, un tajine de pigeon aux dattes ou encore des cuisses de lapin confites aux aromates, un curry de gambas à la citronnelle et au gingembre, ou tout simplement un couscous.

La Grappe :

Un blanc détonnant – 100% Bourboulenc – une parcelle unique qui exprime au travers de ce cépage tardif une minéralité déconcertante aux notes de thym et romarin. Certains s’égareront et se croiront parfois proche de Chablis malgré ses notes aromatiques bien sudistes.

L’After Tracteur :

Un grenache noir décomplexé avec une pointe de sérieux à l’image de son étiquette qui vous arrachera immanquablement un sourire. After Tracteur ce sont les vieilles vignes du domaine âgées de 51 ans sur un magnifique terroir. Qui dit vieilles vignes dit belle concentration, cela se confirme encore ici. La bouche est fine et droite. Se mêlent en finesse les fruits noirs avec une belle prédominance du cassis, et de belles notes florales dont la pivoine. On se régalera avec un magret de canard petite réduction de vinaigre de Banyuls (de la Vinaigrerie de La Guinelle « of course »)

G.N :

Le Grenache comme un Homme dans la force noble de l’âge, mais qui garde une part d’insouciance séduisante. Ce vin est issu de quelques rangs d’une parcelle de Vieilles vignes (52-53 ans). La vinification se fait en grappes entières en cuve inox, puis l’élevage est réalisé en barriques de 3-4 vins durant 6 mois. La mise en bouteille se fera à la fin de cet élevage et reposera pendant un an avant d’être commercialisé. Le Grenache s’exprime magnifiquement et l’oxygénation douce par la barrique développe des arômes de garrigue, de fleurs sauvages élégante. Ce vin est un grand vin d’émotions.

Les Ânes :

Un savant assemblage de Grenache et Syrah – des notes poivrées, subtilement épicées, un côté réconfortant et en même temps, une magnifique invitation aux voyages.

Les Oies :

Un Grenache blanc intense élevé en amphore en grès pendant 5 mois. 2019 a été́ un Millésime chaud et sec. On retrouve cette intensité́ solaire dans le vin tout en étant surpris par sa fraîcheur, sa vivacité tenant aux arômes d’agrumes, de pamplemousse, de cédrat, aux notes de garrigue, de fenouil, d’anis un petit peu confit. La bouche est longue et ample mais toujours avec une finale fraîche et vive le rendant terriblement facile à̀ déguster sur des bricks au thon et fromage frais maison par exemple. L’aération juste au verre et le temps de la dégustation permet de noter l’évolution des arômes et de l’ampleur de la bouche, sa vivacité́ marquée dans un premier temps, son onctuosité́ ensuite…

P.C :

« Petit Collongue 2019 » – Une palette aromatique incroyable pour un Grenache blanc en macération – des notes d’épices, de la fraîcheur, de subtils agrumes confits, de dattes, de coing. La bouche est structurée et riche , et l’ensemble offre ainsi une partition incroyable pour des accords mets et vins tant sur des mets épicés, exotiques ou encore des plateaux de fromages.

G.B :

Un Grenache Blanc élevé par moitié en barriques par moitié en cuve inox fera prochainement son entrée en cave, et je suis impatiente de le déguster…

bouteilles de vin du Domaine de la Cavalière à Lourmarin de Julien Besson

C’est cela Julien : le respect de la nature, du temps qui passe, laisser le temps faire son œuvre, attendre, patienter… toujours pour le meilleur.

Le Domaine de la Cavalière fait partie de ces domaines hors de tout lieu commun, dont le travail vous surprendra et saura susciter en vous indéniablement une émotion. Des chefs renommés ne s’y sont pas trompés, puisque désormais les vins de cet encore tout jeune vigneron commencent à séduire des tables prestigieuses à l’image de celles du Chef Yves Camdeborde.

A n’en pas douter, et pour suivre de près le travail de Julien Besson, ce dernier a encore de jolies choses à nous faire découvrir. Comme les planètes en perpétuel mouvement, Julien Besson avance encore dans son travail, et se nourrit d’informations, d’influences et de constats qui sauront faire encore évoluer ses vins vers encore plus de vie, d’énergie et d’intensité.

Le Terroir, c’est un lieu, un temps, un Homme… au Domaine de la Cavalière, les trois s’allient à merveille pour le bonheur de nos papilles et l’évasion de nos esprits vers un peu plus de délicatesse et de poésie…


logo domaine de la cavalière lourmarin
Domaine de la Cavalière

La Cavalière est un domaine viticole et oléicole situé à Lourmarin dans le Luberon (84)
Nous vinifions nos vins de la manière la plus naturelle, sans aucun intrant chimique. Nos Huiles d’olive sont le reflet et la typicité de notre Terroir


Nathalie Montain

Article rédigé par Nathalie Montain

Sommelier – Caviste



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